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Le blog rigoureusement approximatif !

Nos bleus...

Hier, à l'issu d'un match très très moyen, médiocre plutôt, l'équipe de France de football en a définitivement fini avec sa coupe du monde en Afrique du Sud, elle sort tel qu'elle est entrée, par la petite porte... ou, plus exactement, par le trou de la serrure.

Sur le terrain, notre équipe nationale s'est montrée molle, sans imagination et sans engagement, mise à part quelques actions isolées, on ne sentait pas une réelle envie d'aller chercher une victoire, fusse-t-elle arrachée avec les tripes et contre le cours du jeu... juste par orgueil.

Pire, en coulisses, cette équipe semble avoir fait preuve d'indiscipline, d'insolence et, pour couronner le tout, d'irrespect pour l'encadrement et la hiérarchie du football français.

Pourtant, je suis de ceux qui apprécient et soutiennent les révoltes "utiles", c'est à dire, lorsque la mise en cause d'un ordre établi est justifiée et basée sur des raisons concrètes et réelles.

Or, si certains joueurs de cette équipent avaient des griefs à formuler à l'encontre de leur entraîneur-sélectionneur, il aurait été plus sensé et utile d'émettre ces réserves ou critiques bien avant la compétition, même avant les qualifications si cela était possible.

Mais, dès lors qu'on accepte un état de choses et qu'on est d'accord de participer dans ces conditions, quelque soient les avantages ou inconvénients de cette situation, il est indispensable de ne plus les remettre en cause dès l'engagement de la compétition.

Une équipe de foot, comme toutes les équipes sportives (voire même les équipes de travail dans les entreprises), est un ensemble complexe d'individualités, chacun avec ses compétences, son expérience, son dynamisme, sa volonté, etc., qui n'a de sens et de valeur que lorsqu'elles sont mises au service du groupe.

Cet état d'esprit doit être partagé par l'ensemble des membres du groupe, le ou les leaders ayant pour rôle premier de créer cette cohésion, cette entente, cette atmosphère solidaire et de camaraderie, en insufflant, par dessus tout, les valeurs nécessaires à l'accomplissement de la mission qu'ils ont accepté de mener.



Mais, au dessus de toute équipe il y a toujours un "patron", un chef, qu'il soit naturel ou imposé.

Évidemment, les chefs naturels ont cet atout majeur de ne pas être contestables à leur poste, de faire, le plus souvent, l'unanimité au sein de l'équipe, c'est d'ailleurs en général le groupe même qui désigne, ou accepte de fait, la personnalité qui incarne ce rôle.

En revanche, pour ce qui est du chef imposé, les choses sont un peu plus complexes, car, souvent, celui-ci doit à tout instant prouver qu'il est légitime à ce poste, qu'il possède les compétences et l'expérience nécessaires pour le bien du groupe, qualités qui devront être reconnues par l'ensemble de l'équipe afin que tous acceptent et "valident" cette autorité.

Or, c'est justement là que les choses se compliquent dans notre équipe de France à l'entame de cette Coupe du Monde 2010.

Le sélectionneur "patron" de cette équipe de France, au delà des innombrables critiques et sarcasmes dont il a fait l'objet, bien plus que de raison, depuis de nombreuses années par la presse dite "spécialisée" et l'ensemble des médias, est dans une position bien délicate car ceux qui le décrient, pour x raisons (parfois sans fondement, parfois très justement), pensent et affirment qu'il usurpe ce poste.

Pour un entraîneur-sélectionneur qui a voulu, dès le départ et contrairement aux pratiques de ses prédécesseurs, s'ouvrir à la communication "médias", ce manque de confiance et de soutien de presque toute la presse le mettait automatiquement dans une position délicate où il se devait de légitimer son poste (et le salaire qui va avec) à chaque sortie de l'équipe de France.

Malgré tout ce tapage médiatique et des prestations sportives sans grand éclat, les hautes instances du football français on réitéré à maintes reprises tout leur soutien à ce sélectionneur, certainement grâce à la finale décrochée lors de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, seul résultat important à mettre à son actif. Ce soutien sans failles a volé néanmoins en éclats par un inattendu et traître coup de théâtre en nommant son successeur à peine quelques jours avant le début de la compétition mondiale...

Que dire de cette nomination pour le moins prématurée, dans le genre "nous t'accordons tout notre soutien mais nous préférons arrêter là notre collaboration", avouez qu'on a déjà trouvé mieux comme moyen de motivation et de mise en confiance avant une compétition, non ?

C'est un peu comme si une entreprise licenciait un employé et que, non seulement elle l'obligeait à travailler pendant tout son préavis, mais que, en plus, elle lui imposait la responsabilité d'assumer la commande et la réalisation la plus importante et stratégique de la société... bref, cherchez l'erreur...

D'autre part, lorsqu'on regarde évoluer cette équipe sur le terrain, on voit des individualités de qualité, souvent assez bonnes à leur poste (étaient-elles vraiment toutes bien à leur poste ?), mais, paradoxalement, elle semblaient souvent assez peu impliquées ou concernées par les actions des autres coéquipiers, chacun devant assumer seul son propre "job".

Dès lors, on peut effectivement penser qu'un excellent dribleur peut souvent s'en sortir tout seul d'un marquage serré de deux ou trois joueurs adverses, mais le regarder faire son numéro de loin sans jamais venir lui apporter un soutien donne, la plupart du temps, une action stérile, un ballon rendu à l'équipe opposée et beaucoup d'énergie dépensée pour rien... bref, que du gâchis.

Alors, hormis tous les aspects extra-sportifs qui, venant de la presse, des médias, des hautes instances du football, des sponsors et de leur implications publicitaires et commerciales, des exigences des clubs, des intérêts individuels des joueurs, des supporters, etc., qu'on le veuille ou pas, finissent par polluer et dénaturer ce sport, il faut bien reconnaître que les joueurs de cette équipe de France ne semblent pas avoir franchement, sincèrement, pleinement, le coeur à l'ouvrage.

Cela viendrait-il du fait que tous ces sportifs ont des carrières en club bien réussies et remplies ?
Est-ce dû aux salaires importants, parfois irrationnels, que ces footballeurs perçoivent ?
Serait-ce l'image superlative et grandiose "vendue" par la presse spécialisée qui rend ces joueurs arrogants ?



En tout cas, à mes yeux, une chose est pour le moins évidente, cette équipe est tout sauf réellement une équipe.

On va sûrement chercher et trouver des fautifs et responsables de cette joyeuse débâcle, en premier lieu duquel est bien-sûr le sélectionneur, ce qui est tout-à-fait normal et, disons-le, amplement justifié.

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Le sélectionneur a donc, à mon avis, une part importante de responsabilité, pour au moins trois raisons :

1. Médiatique

Vouloir communiquer est, a priori, une très bonne chose en soi, mais ce n'est pas un impératif et encore moins une priorité pour une équipe de football, fusse-t-elle l'équipe nationale.

Tous les professionnels de la communication le savent, s'offrir la tribune médiatique n'est pas nécessairement valorisant, n'est pas toujours efficace et, surtout, n'est pas forcément utile.

Et puis, soyons honnêtes, lorsqu'une équipe a des résultats médiocres et décevants, personne n'éprouve le moindre plaisir à voir et à entendre le sélectionneur se perdre en explications bancales et en excuses bidons, et encore moins lorsque c'est fait avec si peu de talent et d'intelligence.

Le sélectionneur a peut-être pensé que la médiatisation et le braquage des projecteurs sur son équipe allaient favoriser sa popularité (personnelle ou collective ?), mais le fait est qu'il n'y a rien de plus fluctuant et incertain que la communication d'une certaine image, surtout entre celle qu'on souhaite donner, celle qu'on veut bien diffuser et celle qu'on arrive enfin à percevoir...

La meilleure communication pour un sportif, ce sont ses résultats, les sports collectifs n'échappent pas à cette règle.

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2. Sportive

Tous les sportifs, qui plus est de haut niveau, se fixent des objectifs à atteindre, puis ils se préparent et s'entraînent pour l'accomplissement de leur challenge.

Le résultat, bien-sûr, est la sanction ultime d'un travail souvent long et difficile, fait d'engagements et de sacrifices, pouvant apporter les joies exaltées de la victoire ou la détresse inconsolable de la défaite.

Dans ce monde du sport, où la compétition est reine, les places hors du podium sont négligées, ignorées, vite oubliées. Gagner est le seul salut possible pour exister, pour perdurer.

Mais, en y regardant de plus près, il n'y a pas forcément que le résultat qui compte, il y a aussi, surtout (pour tous les amoureux du sport), la manière.

Or, notre équipe nationale de football, a défaut de remporter de victoires, elle aurait pu au moins soigner un tant soit peu la manière, et tout le monde aurait alors eu la même pensée : "hélas, ils ne gagnent pas, mais, franchement, qu'est-ce qu'ils jouent bien !".

Évidemment, les rabat-joie de toujours rétorqueront, sans forcément avoir tort : "moi, je m'en fous qu'ils jouent bien, ce qui compte pour moi c'est qu'ils gagnent !".

En ce qui me concerne, j'ai remarqué depuis fort longtemps que la victoire ne récompense pas toujours l'équipe qui joue le mieux, mais, à tout prendre, ou à tout perdre, je préfère mille fois me régaler par la prestation remarquable d'une équipe, même si je dois regretter un résultat malheureux, que de me réjouir d'une victoire hasardeuse sur une prestation médiocre ou carrément nulle.

Alors, quand il n'y a pas d'engagement, pas d'envie, pas d'imagination, pas d'exploit, pas de jeu, aucun intérêt sur le contenu et la manière en somme et que, pour couronner le tout, même pas de résultat digne de se nom, on se dit fatalement que quelque chose d'important cloche dans cette équipe, surtout lorsqu'on est tous d'accord pour reconnaître les qualités individuelles de chaque joueur.

Quelque chose cloche donc, quelque chose qui ne vient pas directement des sportifs mais plutôt de l'encadrement et, surtout, de l'entraîneur chef.

Ce quelque chose qui cloche n'est pas anecdotique, il s'agit, ni plus ni moins, de la raison même d'être de l'équipe.

Quelques soient les qualités techniques du sélectionneur, s'il ne réussit pas à fédérer toute son équipe autour d'un projet ambitieux et stimulant, où chacun a un rôle à jouer, une tâche à accomplir, une mission à mener, où tous sont sincèrement impliqués pour que le groupe atteigne et dépasse le challenge proposé, où les notions de "bien faire" et de "mieux faire possible", individuellement et collectivement, prévalent à toute spéculation de résultat aléatoire, où l'entraide et la camaraderie sont érigées en loi, effaçant ainsi tous le intérêts égoïstes, où la volonté de produire et d'offrir une prestation irréprochable est un impératif omniprésent...

Bref, si le sélectionneur ne réussi pas à insuffler ces valeurs à "ses hommes", il ne reste plus qu'un amas informe d'individualités, certes talentueuses, mais totalement incapables de faire la moindre chose construite et cohérente ensemble.

En définitive, il est illusoire de vouloir participer dignement à une compétition sportive de football lorsqu'on est incapable de construire une équipe, une vraie équipe, dans le plus pur et noble sens du terme.

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3. Éthique

Cette raison est éminemment personnelle.

Tout le monde a le droit de penser, voire d'être persuadé, d'être excellent ou même le meilleur dans sa discipline.

Mais tout le monde a aussi le droit de douter et même d'en douter.

Entre la certitude inéluctablement immobile et le doute éternellement fluctuant, il y a un point, minuscule à première vue mais infiniment solide, c'est l'honnêteté !

Être honnête n'est rien d'autre que savoir, à tout moment, où on se situe dans l'échelle graduée entre la certitude absolue et le doute permanent.

Être honnête consiste à voir et à accepter nos limites, à admettre que ces limites puissent changer dans le temps, puissent être différentes selon les contextes et selon les personnes.

Être honnête est avant tout une forme de respect, pour soi, pour les autres.

Si notre sélectionneur national avait eu une attitude honnête, il aurait lui même admit ses limites et son incapacité réelle, en l'état des choses, à reformer et reconduire l'équipe française de football après son catastrophique parcours lors de la coupe d'Europe 2008.

Seulement, drapé dans ces certitudes, il n'a pas voulu voir à quel point il avait atteint et dépassé ses propres limites dans l'exercice de sa fonction.

Quelqu'un d'honnête aurait tiré naturellement les conclusions qui s'imposent, au vu du contexte et de la situation existante, et il aurait agit en conséquence, comme le fit en son temps notre sélectionneur champion du monde 1998.

Ne pas être honnête n'est pas, nécessairement, être malhonnête, mais cela dénote, fatalement, un manque réel de lucidité et, pire encore, une absence totale d'autocritique, seule capable de déclencher une remise en cause personnelle et, donc, une possible évolution.

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Aujourd'hui, l'équipe de France de football n'est plus, laissant au passage une image déplorable que tout le pays regrette et dont le prochain sélectionneur aura sûrement beaucoup de mal à redorer, souhaitons-lui tout de même un parcours plus riche et accompli que celui qui nous a légué son prédécesseur...

Désormais, tout est à refaire, ou plutôt, tout est à faire... et, s'il vous plaît, tâchez d'y mettre la manière !

En attendant nos nouveaux bleus du ballon, tentons de soigner nos bleus à l'âme...

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